mardi 27 décembre 2011

Stéphane Hessel, les vaticinations d'un vieillard aux faux airs de Gandhi

"Pour cette dernière [Fukushima], il faut souligner – mais qui l’a fait? - la dignité extrême des victimes, voire ce stoïcisme dont a fait preuve la population japonaise [...]. Les actes d’incivilités dans les semaines qui ont suivi le raz-de-marée ont été proches de zéro.  Quand on sait que 12 minutes après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001, des bandes de casseurs commençaient déjà à brûler des voitures et piller les grands magasins..."

Source: Primo (Stéphane Hessel, homme de l'an 11, par Pierre Lefebvre)

Le voici homme de l’année 2011. Il fallait qu’il se dépêche un peu. Pour 2012, la place était déjà prise… par Kim Jung Un, celui qui va ouvrir les frontières de la Corée du Nord.  Ceci d’après les meilleurs commentateurs et analystes politiques du moment. Et pourquoi pas, au reste? Les révolutions arabes contraignent à songer que le monde actuel est changeant et bien volatil. Stéphane Hessel a eu une carrière à multiples rebondissements. Il était diplomate, puis écrivain, le voici philosophe, d’après la télévision, et homme de l’année.

Hessel philosophe? Les traités de philosophie qu’il a pu commettre se résument à un, voire deux ouvrages si l’on veut bien y compter le petit opuscule «Indignez-vous».

Il l’avoue lui-même; durant ses études, la lecture de l’existentialisme de Kierkegaard lui fut assez laborieuse. Là où Sartre en sortit parfois quelques théories fumeuses mais qui prouvaient néanmoins sa maîtrise du sujet, Hessel fut longtemps à n’y comprendre que pouic.

Une simple dissertation lui permit toutefois d’acquérir les diplômes requis. En effet, peu assidu à Sciences Po, c’est avec une simple rédaction qu’il intègre la grande ENS, rue d’Ulm. Il avouera lui-même plus tard qu’il n’est pas très fier de ces quelques pages commises (Danse avec le siècle).

Il faut par ailleurs noter que Sartre a, tout au long de son existence, refusé tous les honneurs. Il a même refusé le Nobel de littérature en 1964. La seule distinction qu’il acceptât fut le titre de docteur Honoris Causa de l’Université de Jérusalem en 1976.  On voit par là que Sartre avait parfaitement bien compris la pensée de Soren Kierkegaard, pasteur protestant, théologien et véritable philosophe.

De plus, Sartre ne s’est jamais départi de son engagement dans le communisme.  Hessel, lui, navigue à vue, au gré de l’actualité.  Tour à tour, socialiste, puis Vert, puis socialiste à nouveau, il a soutenu Nicolas Hulot lors des Primaires EELV et, quelques semaines plus tard, Martine Aubry dans celles du PS.

Ce qui témoigne assez de son brillant esprit d’analyse en Sciences Politiques.  Pourtant, c’est sous l’appellation de philosophe qu’Hessel est interviewé dans nos médias en cette fin d’année 2011.

Et encore, ne faut-il point s’attendre à de grandes difficultés de lecture voire d’exégèse en compulsant les ouvrages d’Hessel. L’homme de l’année est à la philosophie ce que Bigard est à l’humour et Vivagel à la gastronomie.  Trop de sucre, un excès de liant et l’utilisation de ces huiles hydrogénées rendent le produit facilement consommable quoiqu’il ait le grand tort de rester fixé sur les parois.  C’est un peu la même chose avec les derniers livres d’Hessel. Les poncifs ne nécessitant pour leur compréhension aucune espèce de culture générale lui vaudront un succès international [pas vraiment!].

À l’heure ou les médias se disputent l’honneur de fixer pour nous les faits les plus marquants de 2011, le « phénomène Hessel » vient en premier, avant Fukushima et l’affaire DSK.

Car il en est ainsi de notre société contemporaine.

Tout se mélange et l’on peine à savoir ce qui est le plus impudique :

Les vaticinations d’un vieillard aux faux airs de Gandhi, la vie privée d’un homme politique jeté aux appétits voyeuristes d’une société en déclin et l’immense catastrophe planétaire du Japon.

Pour cette dernière, il faut souligner – mais qui l’a fait? - la dignité extrême des victimes, voire ce stoïcisme dont a fait preuve la population japonaise sous les tours des centrales nucléaires, inversement proportionnelles à la mobilisation que la catastrophe a suscitée.

La dignité, notait Natacha Polony, n’est pas médiatique. Les actes d’incivilités dans les semaines qui ont suivi le raz-de-marée ont été proches de zéro.

Quand on sait que 12 minutes après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001, des bandes de casseurs commençaient déjà à brûler des voitures et piller les grands magasins...

L’homme de l’année devrait être, si notre société pensait justement, les habitants des provinces de Fukushima qui se battent en sachant la mort prochaine.

Lire la suite ICI.

Lettre ouverte à Stéphane Hessel, Pierre Lefebvre, mai 2008
Stéphane Hessel est le Karl Marx de l'indignation

2 commentaires :

Anonyme a dit…

St Stéphane (gloire à lui au plus haut des cieux) est devenu le stakhanoviste de l' indignation sélective.

Franco

PS: lu ce matin dans un forum du Figaro:

Sujet: Ultra-orthodoxes: heurts en Israël

un certain amen36 répond:

le séparation stricte appliquée entrainerait automatiquement l'extinction de l'espèce !
voilà qui est enfin une bonne nouvelle +++

C' était probablement le cadeau pour la St Stéphane .

Monique a dit…

Cet homme est une girouette avec une bonne dose de sénilité. S'il avait à vivre encore 30 ans, il aurait changé encore dix fois d'opinions, ou plutôt vingt fois, la sénilité grandissante aidant.
Pour moi, ce n'est qu'un vieillard qui essaie d'exister à tout prix (à n'importe quel prix) en proférant des âneries. On devrait lui donner le bonnet d'âne 2011.