samedi 24 février 2018

Les terroristes du Bataclan disaient "Tiens espèce de sale juif’!" avant d'assassiner


Véronique Chemla, journaliste:
"Le 13 novembre 2017, lors de l'émission Les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris, a déclaré: "Nous avons un enregistrement complet de ce qui s'est passé au Bataclan... Les terroristes du Bataclan disaient, avant d'assassiner, de tirer au coup par coup : "Tiens espèce de sale juif’ !" Chez ces gens venus de Molenbeek ou passés par le circuit Grèce, on a un antisémitisme latent aussi dans l'affaire du Bataclan. Il n'y a pas que l'Hypercacher"."
Lire l'article complet @ Véronique Chemla

Gilles-William Goldnadel, avocat, écrivait en 2016:
"Je ne sais si Alain Marsaud, député républicain et ancien responsable du parquet antiterroriste, a raison de pointer l'inefficacité et la lenteur de la police belge et de ses services de renseignements dans l'arrestation d'un terroriste qui planquait sa barbe sous leur nez. Ce que je sais, c'est que le gros poisson a vécu longtemps paisiblement dans l'eau de Molenbeek. Ce que je sais c'est que la Belgique, qui a brutalement fermé ses frontières il y a quelques semaines, c'était encore hier la France xénophile, en pire. Je conseille à celui qui s'agace devant certains éditoriaux de notre vespéral parisien de lire le Soir de Bruxelles. Je conseille également à celui qui s'énerve devant le monolithisme latéral de l'audiovisuel de service public français de regarder la RTBF. La dernière fois que j'ai tenté douloureusement cette expérience masochiste, un islamiste expliquait gentiment à son intervieweuse qu'il espérait voir prochainement la charia appliquée en Belgique. À aucun moment la dame ne l'a interrompu ni ne s'est étonnée. Le propos semblait relever de la banalité. Ce que je sais encore, c'est que pendant la capture de ce poisson, dont on ne sait encore si il est pilote ou poltron, les policiers belges ont été insultés ou caillassés. Mais dès le lendemain, l'air de la stigmatisation était redevenu un refrain à la mode et un article de Libé titrait joyeusement, contre l'évidence aveuglante, qu'à en croire une élue écolo du cru: «Salah Abdeslam n'a pas de soutien à Molenbeek». Vous ne sentez pas l'odeur de poisson de la capitulation des esprits?"
Lire l'article complet @ Figaro Vox

Lire également:
Les commerçants juifs de Molenbeek à Bruxelles ont été chassés

L'ancien maire de Molenbeek, Philippe Moureau, a accusé les Juifs de vouloir nuire aux Musulmans (2008)



vendredi 23 février 2018

Jean-Claude Milner: "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Le programme hitlérien concernait les ashkénazes. Pour autant que je puisse voir, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem; c’est à lui ou à ses semblables qu’il serait revenu de régler le problème s’il y avait eu victoire. Comment cela se serait passé, personne ne peut le savoir, mais en tout cas le souci immédiat de purification de l’Europe, ça concernait les ashkénazes.  
Et ça les concernait (comme Freud le dit quelque part) non pas en tant qu’ils étaient très différents des Européens, mais en tant qu’ils n’étaient pas très différents. Le point crucial, si j’ose dire, c’était justement qu’ils étaient si peu distinguables. Et cela, grâce aux Lumières. En fait, le programme nazi n’a rien à faire du shtetl. Son ennemi principal, c’est en vérité le juif des Lumières, parce qu’on ne le reconnaît pas, parce qu’on pourrait ne pas le reconnaître. C’est justement en ce point du peu de différence, du trop peu de différence, qu’intervient le racial. La race permet de faire passer le tranchant d’une séparation essentielle entre des êtres qui se ressemblent absolument. Plus les Lumières accomplissaient leur programme, plus on eut recours à l’en-deçà des Lumières, au plus obscur du somatique. Le discours racial est l’ombre noire que projette l’assimilation et qui la suit, d’autant plus nettement dessinée que la lumière est plus vive."
Passages, 1er trimestre 2004, par Cyril Veken, Marc Darmon et Jean-Jacques Tyszler - L’Europe est-elle antisémite?

Lire également:
Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"

jeudi 22 février 2018

Réaction de Simon Leys à l'assassinat d'Ilan Halimi

Alexandre Devecchio, journaliste pour Le Figaro:
Ils sont tous soudés par l'obsession morbide du tout, tout de suite », écrivait Morgan Sportès à propos du « gang des barbares » dans son livre consacré à l'affaire Ilan Halimi
Après la lecture de cette oeuvre, Simon Leys, qui fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la Révolution culturelle chinoise, «Existe-t-il encore une civilisation européenne?»  
Bendaoud est le visage de la désintégration de certaines banlieues. Le pantin déculturé de l'ère du vide."
Lire l'article complet @ Le Figaro

Lire également:
L'exode des juifs de banlieue qui "craignent désormais pour leur vie" (Alexandre Devecchio)

mercredi 21 février 2018

Alain Destexhe: "Modérés" ou "conservateurs", seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem

Alain Destexhe, sénateur et député bruxellois:
Après des années de tensions, jamais Israël et l’Iran n’ont été si proches d’une confrontation directe. Le régime iranien constitue désormais la principale menace pour Israël, avec lequel il n’a pourtant pas de frontières, mais dont il a juré la destruction. Outre la perspective que les ayatollahs se dotent un jour de l’arme nucléaire, des missiles balistiques classiques peuvent peut-être déjà atteindre l’Etat hébreu. La quasi-victoire de Bachar el-Assad donne la possibilité à ses alliés du Hezbollah et aux milices chiites, sous tutelle iranienne, de se concentrer sur l’ennemi de toujours, le «serpent» israélien. Sur le versant syrien du Golan, une confrontation directe n’est pas exclue. Pour la première fois dans l’histoire tumultueuse d’Israël, un pays hostile a non seulement l’intention affichée de le détruire, mais est en train d’en acquérir la capacité.

Récemment, j’étais dans le nord d’Israël à la frontière libanaise. Sur place, la géographie permet de mieux comprendre les craintes de l’Etat juif. Sur la route qui longe en partie la frontière, on peut encore voir les fortins de la ligne Sykes Picot qui détermine toujours aujourd’hui la limite entre Israël et le Liban. Le contraste est grand entre les deux pays. Côté israélien, l’habitat est clairsemé, la région a été boisée et une agriculture intensive est pratiquée par endroits. Le côté libanais est beaucoup plus peuplé et dépourvu de végétation. Ce sont des maisons et de petits immeubles qui s’étendent à perte de vue, un peu partout, sans aucun plan d’aménagement. Nombre de ces édifices, dont certains sont tout proches de la zone de séparation, semblent inhabités ou en construction. Selon l’armée israélienne, beaucoup abriteraient des armes, des lance-roquettes et des missiles. Du petit kibboutz de Misgav Am situé en hauteur, on voit flotter en face au moins trois drapeaux du Hezbollah, le parti d’Allah. Des soldats observent à la jumelle et au téléobjectif le côté libanais. Un grand camp des Nations-unies, les «UN, United Nothing» comme les appelle notre guide, est aussi tout proche. Cette frontière est calme depuis 2006, mais tous nos interlocuteurs craignent un conflit cette année auquel ils se préparent. (...)

Les conflits impliquant Israël durent depuis tellement longtemps que l’Union européenne a tendance à penser que la sécurité du pays, qui bénéficie toujours d’une écrasante supériorité militaire, est garantie. Il n’en est rien. De Gaza et du Liban, le Hamas et le Hezbollah peuvent d’une heure à l’autre déclencher une pluie de missiles sur Israël, obligeant ce dernier à une forte riposte, des centaines de milliers de civils à se terrer dans des caves et déclenchant une grave crise internationale. Dans ces conditions, Israël ne peut tolérer que l’Iran, qui livre déjà des milliers de missiles au Hezbollah, construise une usine pour les fabriquer au Liban ou en Syrie, comme l’affirment les services de renseignements israéliens et, surtout, que l’ex-Perse soit capable d’ouvrir un troisième front à partir de la Syrie.

L’Europe doit cesser d’aborder l’Iran sous le seul prisme du maintien de l’accord nucléaire, que Trump menace d’ailleurs de ne plus respecter. (...)

«Modérés» ou «conservateurs», seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem. Damas, Sanaa et Beyrouth sont déjà sous la coupe de Téhéran. L’expansionnisme perse est une réalité que le président Macron et l’Union européenne doivent reconnaître. Depuis quand un Etat qui appelle ouvertement à la disparition d’un autre et qui s’y prépare est-il traité comme un acteur normal des relations internationales? Depuis les printemps arabes et la création de l’Etat islamique, pas un pays n’a été épargné par des changements majeurs. Une nouvelle recomposition politique est en cours dans la région. Et l’Orient n’a jamais été aussi compliqué.
Lire l'article complet @ Causeur


mardi 20 février 2018

Gilles-William Goldnadel: Le Monde et "le recours au juif de l'extrême-gauche morale"

Gilles-William Goldnadel, avocat et essayiste:
"Mais c'est sans doute dans ses comparaisons oiseuses avec le nazisme que la gauche morale aura fait montre de sa bêtise la plus ignominieuse. La semaine, sur ce point, aura été fructueuse.

Zeev Sternhell, tout d'abord, dans le Monde des idées du 18 février. Pour lui, en Israël «pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts» compte tenu de l'attitude de l'État juif à l'égard tant des Palestiniens que des migrants illégaux africains. Il faut dire que l'homme et le journal sont coutumiers du fait. Avec les mêmes ingrédients: le recours au juif de l'extrême-gauche morale.

Il y a quelques années, Edgar Morin fut mobilisé pour écrire dans le Monde (du 4 juin 2002) que les Juifs prenaient plaisir à humilier les Palestiniens, et pour inventer un massacre imaginaire à Jénine dont il reconnut par la suite la fausseté. Celui-ci s'est depuis reconverti à l'écriture à quatre mains de livres harmonieux avec Tariq Ramadan.

Quant à Zeev Sternhell, c'est sa marque de fabrique obsessionnelle de voir le fascisme partout. Citons notamment Raymond Aron à propos de son livre Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France dans lequel Sternhell considérait que la quasi-totalité des idées du fascisme étaient nées dans notre pays: «Son livre est le plus totalement a-historique qui se puisse concevoir. L'auteur ne remet jamais les choses en contexte. Il donne du fascisme une définition tellement vague que l'on peut l'y rattacher à n'importe quoi» .

On pourrait évidemment rire de ces nouvelles fadaises islamo-gauchistes qu'on aurait pu croire remisées après les massacres de 2015 en France, mais je gagerais que les milieux antisionistes radicaux feront de cet article leur miel avant que d'en tirer plus tard, qui sait, un fiel criminel. 
Je laisse dans ce cas les hommes du Monde à leur conscience morale de gauche."
Lire l'article complet @ Figaro Vox

lundi 19 février 2018

Raphael Lemkin, dont la famille était accoutumée aux pogroms mais ne croyait pas qu’elle pouvait être anéantie


France Inter, La Marche de l'Histoire:
"L’histoire de Lemkin est d’abord celle d’un enfant élevé en yiddish, dont la famille était certes accoutumée aux pogroms mais qui ne parvenait pas à croire qu’elle pouvait être entièrement anéantie. Son travail est commandé par un changement permanent d’échelle : d’un côté, les interrogations sur son frère, sa belle-sœur, ses amis, et, de l’autre, l’interrogation du crime absolu. On ne peut saisir l’inédit sans le mettre en rapport avec la poche de réalité dont on est familier.

En accumulant et en traitant sa documentation sur le régime nazi, Lemkin cherchait sans doute un soulagement à son chagrin personnel. Mais son but, en inventant le mot nouveau de génocide, était de raisonner en termes de groupes -humains, nationaux, religieux, voire politiques. Et de les placer sous la protection d’un droit international renouvelé."
L'invitée de Jean Lebrun est Annette Becker, historienne, professeur des universités à Paris Ouest Nanterre La Défense.  Pour écouter l'émission, Raphael Lemkin, la définition et la punition du génocide, veuillez cliquer ICI.

Philippe Sands, avocat franco-britannique:
"Lemkin, a practical idealist, believed that proper criminal laws could actually prevent atrocity.  In his view, the minorities treaties were inadequate, so he imagined new rules to protect 'the life of the peoples': to prevent 'barbarity', the destruction of groups, and to prevent 'vandalism', attacks on culture and heritage."
East West Street: On the Origins of Genocide and Crimes Against Humanity, Weidenfeld & Nicolson, 2016, p. 157.

dimanche 18 février 2018

François d'Orcival: "Israël, seul point fixe dans la région, revient au centre du jeu, pour empêcher le pire"


François d'Orcival, éditorialiste et homme de presse :
La guerre va-t-elle succéder à la guerre ? La défaite militaire de l’État islamique n’est pas la paix ; elle allume de nouveaux foyers. La fuite des djihadistes signe le retour des puissances. À preuve, cet épisode qui vient de se dérouler dans le ciel israélien et pourrait être le prologue d’une nouvelle confrontation.

À l’aube du samedi 10 février, un drone iranien, copie d’un appareil américain, armé de ses caméras de renseignement, pénètre dans l’espace israélien par le Golan. Jusque-là ces appareils étaient interceptés avant d’avoir atteint la frontière ; cette fois, il passe. Localisé par les radars israéliens, il est vite détruit par un hélicoptère Apache. Pourquoi les Iraniens se livrent-ils à une telle provocation, un jour de shabbat, dans un pays champion de la fabrication des drones ? Est-ce pour des motifs de politique intérieure ou pour brouiller les cartes ? (...)

Ce qui est intéressant, c’est l’attitude des puissances. Les États-Unis soutiennent leur allié qui a défendu son espace aérien; les Russes ne le condamnent pas — il est vrai que Nétanyahou s’est beaucoup dépensé en visites et coups de téléphone auprès de Poutine. Tous implorent les Israéliens: surtout, de la retenue! Pas d’escalade! Que ferait l’Iran si… L’agressé est prié de s’en tenir là — et d’être responsable pour deux, pour lui-même et pour les autres! Si on le demande à Israël, c’est parce qu’il est gouverné par des gens raisonnables, ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs. Or Israël s’est beaucoup renforcé, et pas seulement depuis l’élection de Trump: il a traité avec Chypre (pétrole en mer), noué une alliance de fait avec l’Arabie (contre l’Iran), et il rend service à l’Égypte du maréchal Sissi en rasant les positions djihadistes du nord du Sinaï… (...)

C’est que, dans le même temps, dans le nord de la Syrie, tout le monde se bat avec tout le monde : Russes, Syriens, Iraniens, Turcs, Américains, Kurdes, chiites, sunnites… (...)

Voilà pourquoi Israël, seul point fixe dans la région, revient au centre du jeu, pour empêcher le pire.

Lire l'article complet @ Valeurs Actuelles